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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:47

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Les "éléments de langage" anti-DSK ont donc été rôdés ces derniers jours par l'UMP, de Christian Jacob, qui a donné le signal de la curée, à François Fillon, Premier ministre; en passant par Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP.

La ficelle est bien grosse : "DSK est l'homme de l'étranger qui ne connait pas la France, qui vit loin d'elle, mange dans la vaisselle d'or du FMI et n'a pas assez de terre de France attachée à ses semelles, le tout en cristallisant la repulsion quasi-instinctive des gens de chez nous pour son manque d'expertise des produits du terroir". En deux jours, la droite française nous a servi le couplet que Blum et Mendès-France entendirent en leur temps. Comme le temps passe...

On notera d'ailleurs que les stratèges en éléments de langage de l'UMP ne sont pas à une contradiction près. Si DSK est à ce point éloigné de la France et des Français, pourquoi nous bassiner avec l'idée qu'il doit demeurer au FMI pour y défendre les intérêts de la France et des Français, puisqu'il ne les connait pas ? Lagarde et Baroin vont devoir accorder leur violon avec celui de Jacob et Copé.

Ces deux derniers jours, j'ai eu l'occasion de débattre (à Europe 1 et sur I télévision) avec des journalistes représentants de titres conservateurs : le Figaro et Valeurs actuelles. Les deux ont défendu becs et ongles ce qu'avait dit Christian Jacob, jugeant qu'il n'avait fait que dire la vérité. J'en ai été sidéré tant ils n'avaient pas l'air de saisir la portée de l'abjection qu'ils étaient en train de défendre avec légèreté et entrain au nom de la lutte contre "le politiquement correct". "On a le droit de tout dire", "Le PS s'offusque de pas grand chose", "Vous voulez criminaliser le débat public" etc.

Il ne faut pas s'y tromper. Jacob, Fillon, Copé et les relais journalistiques de la thèse "DSK n'est pas de chez nous" ne sont pas antisémites. L'erreur du PS serait d'ailleurs de trop concentrer le tir là-dessus. Les communicants du PS feraient mieux de poser le problème autrement. Car d'une certaine façon, ce que fait la droite française à travers ses porte-paroles politiques et journalistiques est presque pire que ce que faisaient leurs ancêtres. Oui, ils jouent avec des clichés qui renvoient aux plus lamentables campagnes des années 30 ou 50 menées contre des personnalités comme Blum, Salengro ou Mendès-France. Ils sont, au choix, tragiquement inconscients ou délibérément cyniques. Dans le premier cas, ils ignorent les plus terribles leçons de l'Histoire, dans le second cas, ils les méprisent. C'est bien cela qui les rend bien plus odieux que leurs prédécesseurs... Comme le temps passe...

L’auteur

Bruno Roger-Petit

Chroniqueur invité

 

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